Quadrille imparfait

Le prince charmant ne suffit pas parce que l’amour ne suffit pas.

Nicolas Clément

Dans le cachot de son courage
Elle s’ébrèche aux difficultés
Pour un sourire de l’entourage
Pour des fiançailles, de la fierté

Elle s’ébrèche aux difficultés
Jusqu’à ce que le soir la soulage
Et jette à sa tête hébétée
Treize heures d’appréhension sauvage

Pour un sourire de l’entourage
Elle s’acclimate à la dureté
Des contes où la honte le chômage
Délivrent de vouloir déserter

Pour des fiançailles, de la fierté
De l’approbation elle saccage
Ses vrais savoirs ses pubertés
Dans le cachot de son courage

Eva Lee

Francis Cabrel – «Le reste du temps»

Viens on s’envole – Vas-y on tombe

T1-StDenis

Nous ne ferons que chasser l’auroch et traquer les erreurs. Nous irons cueillir les myrtilles les indicateurs ou les airelles sauvages semer des graines semer des notions remonter le moral des groupes et les complications systémiques. Nous ne ferons que mourir et donner la vie à d’autres consciences de façon charnelle esthétique ou transcendantale. La souffrance des doigts sur le manche de la serpe la blessure du cœur sous l’insulte de l’acheteur, l’échec musculaire soulever pousser tracter hisser du soir au matin des charges écrasantes les heures creuses la brûlure l’ennui la soumission calculée du lâche au courage maniaque du tyran la douleur de l’effort la fatigue avant l’oubli font partie du jeu qui consiste à reconnaître par le seul acte de boire et de recracher les émanations du ciel – par le fait d’absorber un peu d’air encore à reconnaître à valider l’exquisité des jours comme le flamboiement des nuits déception comprise. Nous ne formerons jamais qu’un et nos vies seront louange ou ne seront que des mains courantes ou ne seront que des chiffres ou seront moins que rien le temps passé à rechercher la  distinction sera comme un orage inerte stagnant négligeable et sans fruit sans trace ni légende le reste est tentation.

Cela se voit

Johannes Vermeer - Le Christ dans la maison de Marthe et Marie

Johannes Vermeer – Le Christ dans la maison de Marthe et Marie

Tu dis qu’il ne s’agit que d’un travail. Tu ris au pied de la navette tu risques des raisonnements pour nous réconforter mais tu méconnais ta valeur. Tu n’iras nulle part sans apposer dans les poignées de main le sceau de la bonté crue, de la crue qui submerge nos cases et nos bannettes. Tu sais que dans la poursuite unanime du bonheur tu as choisi la part qui ne te sera pas enlevée. Tu ne veux pas comprendre qu’on t’enlève à nous et que nul ici-bas n’est remplaçable. Où tu iras bientôt, les prochains étrangers te souriront de ouf et dès qu’ils auront commencé à t’appeler Sam tu comprendras que l’ange qui te garde devient toi souvent et que cela se voit.

Où tu iras partout tu gagneras des collaborateurs heureux de ranimer leurs forces en croisant ton sourire et ta dégaine au-delà des horaires et des process. Où tu accosteras d’autres encore riront de joie face à ta candeur légitime. Le temps t’apportera autant de partitions de piano à jouer que de promenades à faire dans les terrains plantés d’arbres, pendant que nous irons nous retrancher de la vie et fuir nos vraies heures dans l’esprit d’Alan Mak ou de Kim Jee-woon.