à bientôt

J’ai le souffle coupé le matin lorsque, une fois l’ordinateur allumé, le café prêt à boire, je m’installe à ce bureau que j’occupe depuis maintenant cent vingt-cinq jours. Je n’en demandais pas tant. Mais j’ai dû prier souvent pour l’avoir, et, voilà, je l’ai obtenu : le temps, à nouveau, d’écrire vraiment. Après m’être éjectée d’un strapontin tuant de petit-chef surmené, j’avais découvert trois entreprises en sept mois. Ce fut profitable. Ce n’était pas vraiment prévu mais c’était si violent de changer d’atmosphère, si violemment instructif, addictif, tant de personnages différents de moi, offerts, tant de facondes à enregistrer sur le vif, tant de nouveaux amis, tant de notes à prendre, tant d’idées de fictions, de scènes et, surtout, mon Dieu, tant de réponses aux questions posées par mon roman en cours, que mon envie de faire carrière dans l’intérim s’était précisée.

Mais l’Entreprise m’est tombée dessus. Celle que je n’espérais plus trouver. Celle qui, pour résumer, me permet d’écrire à nouveau le matin entre cinq heures et sept heures trente et le soir entre dix-sept heures trente et vingt heures. Celle qui m’offre l’essentiel : la disponibilité d’esprit. Celle dont les employés sont humains, très humains. FN, MC, SP ne m’inspireront probablement pas de romans. AG, c’est différent, mais comme les autres elle me permettra de terminer celui que j’ai en cours. Sans le savoir parfois, en se contentant d’être ce qu’ils sont, doux, tolérants, d’humeur égale et solidaire, ils sont un peu les gardiens de ma flamme.

S2

Les vraies questions se posent inévitablement, bienvenues mais affolantes. Viendrai à bout de la dernière et meilleure version de S ? En serai-je satisfaite ? D’ici là, parviendrai-je à gérer sans crever les exigences de la vie créatrice qui enflent à vue d’œil et qui font passer le travail alimentaire, aussi peu accaparant soit-il, pour un tourment douloureusement invasif ?

Ce qui est inespéré, c’est que la réponse peut venir en quelques mois d’acharnement tranquille. C’est pour cela que, durant ces mois-là, je n’écrirai plus ici. La dernière publication sous mon vrai nom sera, pour longtemps, la suite et la fin de mon essai sur Dans le Leurre du Seuil de Yves Bonnefoy, que je suis en train d’écrire pour comprendre, approfondir et sublimer mon désir d’un roman vibrant comme un rêve impossible. Dans le même temps, je plongerai donc dans la création pure. Il y a quelques chances que je publie au fil des jours des notes de travail, des impressions, des hurlements d’espoir sur un blog éphémère, anonyme. Vous me trouverez peut-être dans un coin de ce qui reste de la blogosphère littéraire. Peut-être ne me reconnaîtrez-vous pas. Si vous me reconnaissez, soyez discret, par égard pour mon livre en cours. Car le besoin est là d’une part de tenir le journal de bord de ma progression vers le point final et, d’autre part, de disparaître.

Alors à bientôt.

Le nom-Blog

3 réflexions sur “à bientôt

  1. Hello, Cécile ! L’équilibre idéal, oui, on dirait bien ! Je réapparaitrai sur mes sites aussi tôt que possible avec un nouveau roman. Cela ne nous empêche pas de nous revoir dans la vraie vie d’ici-là ! Guettons les beaux jours…

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